déc 22, 2012 | Post by: Nina No Comments

Best Of Expos: mes 10 meilleures expositions en 2012

Nous y sommes décembre, l’heure est au best of et aux retrospectives. Il n’y a pas de raison de ne pas se prêter à l’exercice, d’autant plus que ce blog m’aura permis de partager  mes coups de coeurs !

Je parle ici d’exposition, je ne parle pas d’un artiste en particulier mais réllément la mise en valeur d’un regroupement d’artistes différents, la révélation d’une thématique, d’une collection à travers une sélection, une scénographie, une médiation pertinente, bref une exposition !

Le classement va être difficile mais allons y :

1. Rêves d’éternité à la Fondation Boghossian à Bruxelles.
Cette exposition  était à mon sens exceptionnelle par sa capacité à donner un sens et à faire dialoguer avec brio des oeuvres d’époques, de styles, de régions si différents. A priori que pouvait-il y avoir en commun entre un paravent chinois de la fin du XVIIe siècle richement travaillé, une coiffe en dentelle de Bruxelles, une sculpture lente de Pol Bury, une miniature persane, une vidéo de Shirin Neshat, et une tenue de mariée traditionnelle du XIXe provenant d’Attique, une robe de Manish Arora…De l’antiquité à l’art contemporain, ces oeuvres étaient unies par « le temps long » de l’oeuvre d’art. Alors que le temps est abordé sous deux angles la durée et l’instantanée, le temps long est celui qui peut se reproduire à l’infini. Il devient indissociable de la conscience humaine et de sa finitude, de la vie spirituelle, religieuse et sociale, de la création artistique et artisanale. La broderie était à l’origine du projet,  la Fondation Boghossian présentait des textiles incroyables aux côtés d’autres créations qui évoquent immanquablement, la répetition et le temps long nécessaire à leur réalisation, mélangeant ainsi, mode, art et artisanat. Une exposition époustouflante, dont l’énoncé original est magistralement démontre par une sélection d’oeuvre ultra pointue.  La thématique du temps long dans l’art, a permis de dépasser les classiques et ennuyeuses opposition antique/contemporain, orient /occident et de réunir ceux qui semble s’opposer. Bravo

2. L’exposition d‘Amos Gitai dans l’église des Précheurs d’Arles pendant les rencontres photographiques. Je ne suis pas particulièrement fan d’Amos Gitai, je connais que très peu son oeuvre mais jamais une exposition n’avait dégagé une aura si particulière, entre le lieu sacré,  la lumière, les projections à même la pierre l’exposition n’était visible qu’à la tombée du jour après 20H  …Plus qu’une exposition, une expérience sensorielle qui hérisse les poils, tord le coeur et noue la gorge.

Amos Gitai Arles 2012 ©Julieàlaplage

3.Le Pompidou Mobile
la collection du centre Pompidou Mobile est extra ordinaire par sa taille : 15 oeuvres ! Imaginez le musée ayant la collection d’oeuvres modernes et contemporaines la plus vaste de France devant en choisir seulement 15 ! L’exercice est difficile mais a été relevé avec brio, car ces 15 oeuvres dialoguent si bien ensemble pour créer un parcours adapté aux différents publics, sans condescendance. Le pompidou mobile est définitivement numéro 1 en terme de médiation !

 4.Le voyage à Nantes
Plus qu’une expo une immersion en art contemporain. Le parcours de cette « exposition » n’était pas confinée à un lieu, mais à une ville, une région qui a créé un parcours culturel semé d’expositions, d’installations, de centres culturels. définitivement un des évènements culturels majeurs de cette année !

Monte Meuble L’ultime déménagement de Léando Erlich

5.Wim Delvoye au Louvre
A priori l’avant gardiste Wim Delvoye et les appartements classiques de Napoléon ne devaient pas se rencontrer. Et pourtant la magie de l’exposition a opéré et les oeuvres de Wim Delvoye ont trouvé un écrin surprenant dans les appartements de Napoléon, sans créer de clash, ni de provocation mais au contraire les oeuvres se sont fondues à merveille dans le paysage ! La rencontre de deux univers a créé un décalage, de l’auto dérision dans tout ce faste sans lui faire de l’ombre. Un bon moment.

Wim Delvoye, Kashan & Mughal Jail © 2012 Musée du Louvre / Olivier Ouadah © Wim Delvoye, ADAGP

Wim Delvoye, Kashan & Mughal Jail © 2012 Musée du Louvre / Olivier Ouadah © Wim Delvoye, ADAGP

6. COME TOGETHER group show organisé par Edge Of Arabia à Brick Lane Londres. Une exposition difficile à décrire en quelques mots car elle ne cherche pas à faire émerger une unicité d’un « monde islamique  » qui n’existe pas. C’est là sa force, réunir les meilleurs artistes de pays musulmans, les rassembler et montrer toute leur diversité !

7. Collection Yvon Lambert en Avignon
Basquiat, Claude Levêque, Boltansky Vik Muniz, Beuys, Lavier, Serra…la liste est très très longue, la collection exceptionnelle.  A collection exceptionnelle, écrin remarquable ! La collection est présentée dans un hôtel particulier et elle respire, les artistes ont d’immenses salles dédiées notamment une installation de Claude Levêque conçu in situ ou encore la salle dédiée aux « américains  » d’Andres Serrano. A chaque salle son lot de merveilles, le tout dans une ambiance chaleureuse, ce n’est plus une galerie aux murs blancs, c’est véritablement un écrin, une magistrale « maison de campagne » qui sait mettre en valeur chacun de ses hôtes !

« américains » d’Andres Serrano chez Yvon Lambert en Avignon

8.Intense Proximité au Palais de Tokyo
exposition inaugurale pour la réouverture du Palais de Tokyo. Exposition fleuve, à l’inverse du Pompidou mobile le palais de Tokyo a 22000 m² à remplir, et c’est aussi un challenge pour rassembler autant d’oeuvres pertinente et de qualité. Une belle exposition avec de nombreux artistes que je découvrais et qui challengeait notre vision de « l’autre », sans non plus tomber dans une exposition où le message politique prend le pas sur l’artistique.

9. Néon à la Maison Rouge
J’avoue j’ai un faible pour les oeuvres en néons, ces mots d’esprit lumineux. L’exposition à la Maison Rouge était la première du genre et aussi une prouesse logistique car non seulement les néons sont des oeuvres ultra fragiles mais il est aussi difficile d’en accumuler autant en laissant la place à chaque oeuvre pour « briller ». C’était à la fois un bel aperçu de « l’histoire  » du neon art et approche par le medium original.

Cerith Wyn Evans -Eclipse

 

10. Mots d’enfants au centre Pompidou
Mention spéciale pour cette « petite » exposition. Ici les artistes étaient des enfants ordinaires et leurs défauts de langage rattrapés par leur imagination ! Je fait figurer cette exposition modeste dans mon top 1O car c’est l’exposition la plus drôle, que j’ai visité ! D’ailleurs si un coup de blues me prenait je ne me lasserait pas de relire ces mots, extrait « Ma soeurpillière :  petite soeur qui ne sait pas encore marcher et rampe par terre. »

Et vous quelles étaient vos plus belles expositions en 2012 ?