mai 09, 2012 | Post by: Nina No Comments

L’exposition Phares: science, lumière et poésie au musée de la marine !

Je dois avouer j’ai grandi à Berck sur mer. Entre autre particularité, les fenêtres du collège et du lycée de Berck sur mer donnent sur une vue imprenable sur le phare. Ce qui offre une belle perspective de réverie en cas de cours ennuyeux, de belles images de levés et de couchers du soleil, et de déjeuner au pied de ce colosse rouge et blanc.

Phare de Berck c www.mincoin.com

C’est donc avec enthousiasme que je souhaitais visiter l’exposition Phares au musée de la Marine.
Je dois aussi avouer que c’était ma première visite au musée de la marine, c’était donc l’occasion de visiter l’exposition permanente, et à y réfléchir j’ai peut être préféré l’expo permanente à l’expo Phares !
La collection permanente est impressionnante par ses nombreuses maquettes de bateaux.

Maquette du musée de la marine

Des plus anciens gréments au plus récent avec le porte avion Charles de Gaulles en passant par le plus décalé avec cette maquette de bateau réalisée en clous de girofle,au plus design avec la maquette du trophée jules verne il y en a pour tous les goûts.

Maquette de bateau réalisée en clous de girofles avant 1842 !

Avant d’y aller je pensais que les maquettes de bateaux c’était plutôt « ennuyeux » et j’ai adoré passer des heures à les scruter et à imaginer la vie de pirates !

scaphandrier old school musée de la marine

A part les maquettes, d’autres objets valent le détour comme ce scaphandrier d’époque et aussi l’atelier des maquettistes du musée. De grandes baies vitrées nous permettent de les voir travailler, en y allant un samedi  l’atelier était vide mais le simple fait de voir tous leurs instruments est impressionnant.
Après avoir traversée la salle des peintures des ports de France et d’ailleurs, en remarquant au passage que le design du plafond du musée rappelle la coque d’un bateau et ses cordages qui accroche les spots de lumière, nous voilà précisément à l’exposition Phares.
L’espace qui sert de SAS est très beau, il est composé de plusieurs énormes optiques de phares, qui tournent et créent ainsi des effets de lumière et d’ombre sur les murs ce qui rend l’espace très poétique.
Ensuite l’espace d’exposition explore de nombreuses thématiques :
Les aspects historiques et techniques de la construction des phares, de leur expansions et des prouesses techniques qui ont marqué leurs évolutions. Ce phare en kit de nouvelles Calédonie conçu, monté à Paris, puis démonté, expédié et installé à Nouméa en 1865 en est une par exemple !

Maquette du phare de Nouméa

Maquette du phare de Nouméa

Les aspects plus contemporains liés à la sécurité maritime et à l’organisation du service des phares où l’on apprend que la structure du service des phares était bizarrement organisé depuis Paris, et qu’aujourd’hui le rôle du phare est désué étant donné les dispositifs de navigation actuel.

Enfin des aspects plus poétiques et sociologiques liés à l’imaginaire du gardien de phare. Je dois reconnaître que c’est bien cette partie sur l’improbable métier de gardien de phare qui a retenu toute mon attention et surtout cette interview de François Jouas Poutreil gardien de phare. L’entretien sonore est à écouter devant la reconstitution du « salon » du phare qui invite à la réflexion, et nous met dans l’ambiance. En parlant de son métier, ce gardien de phare utilise des images très poétiques, il dit en effet savoir reconnaître au bruit de l’allumage du feu, une bonne lumière, de celle qui brillera toute la nuit sans problème.

Le gardien de phare reconnaît au bruit du feu à pétrole et de la rotation du panneau d’optique un bruit régulier comme un coeur qui bat et le sifflement du bruleur comme une belle respiration.

Il parle du phare comme un lieu entre la  maision et le bateau:
il y a dans un phare tous les accessoires des bateaux : les bottes, les brassières, les boiseries, le bruit des vagues…mais pourtant ce bateau là reste à quai toutes les nuits !
Le métier de gardien de phare c’est surtout réussir à rester éveillé et pour cela chacun ses techniques, mais il semblerait que les activités manuelles soient les plus efficaces! C’est donc de ces moments de solitude que les gardiens concevaient les fameux bateaux dans les bouteilles ! Dans le cas de notre gardien François Jouas Poutrel, il a quand à lui pendant ses heures éveillées développait ses talents de dessinateurs et a reproduit des séries de phares peint à la manière d’autres maîtres.

François Jouas Poutrel, A la manière de Matisse

Une exposition très riche et complète où il y en a pour tous les goûts, avec une mention spéciale pour la pédagogie et la médiation de l’exposition. Avec de nombreuses expériences  le parcours de visite est vraiment didactique et amène un peu de jeux là ou on pourrait perdre les visiteurs les moins scientifiques.
A voir au musée de la Marine au Trocadéro jusqu’au 4 Novembre 2012.