nov 15, 2012 | Post by: Nina No Comments

Paris Photo 2012 : j’ai visité, j’ai aimé, j’ai sélectionné !

Paris Photo a commencé et se tiendra jusqu’au 18 Novembre 2012 au Grand Palais.
Ci-dessous ma liste au père Noël une sélection des œuvres qui m’ont interpelé :

Le coup de cœur suprême, pour cet artiste Sanaz Mazinani , bon OK c’est peut-être plus dans la catégorie art contemporain que photo à proprement parlé, ça peut faire débat . En tout cas l’intelligence de son œuvre et la finesse de sa réalisation est sans contexte.
De loin cette œuvre est surprenante par son format : ce n’est pas un rectangle, ni un carré et ce n’est pas plat non plus.
Devant nous une oeuvre qui rappelle des pièces d’antiquité ou d’architecture de géométrie islamique : des motifs qui se reproduisent à l’infini et à la perfection à l’image de la création divine, la base de la géométrie islamique.

Paris Photo Sanaz Mazinani

Sanaz Mazinani-Redacted-March- Stephen Bugler Galery

De près une seule image reproduite en différents formats,  contorsionnées.
De très près cette image c’est celle du retour d’un soldat américain mort en Irak. Son cercueil est porté par ses congénères, leur visages sont « floutés » car la photo est prise de google. Ces carrés noirs qui masquent les identités deviennent parti intégrante de la composition géométrique.

Sanaz Mazinani – Redacted March- détail

L’artiste joue avec les clichés, dans d’autres œuvres ce sont différentes images paradoxales qui composent l’œuvre géométrique. Le concept de jouer avec des images paradoxales reprises d’internet n’est pas sans rappeler le travail de Rashid Rana, mais ici l’artiste en créant une oeuvre basée sur la composition de géométrie islamique innove et fait dialoguer des univers que l’on pense souvent antagonistes.  J’aime cette œuvre, qui déboulonne les clichés et parle du monde dans lequel nous vivons avec beaucoup de finesse.

 

Miguel Rotschild – Revelation- Galerie Kuckei + Kuckei

Miguel Rothschild et ses « vitraux » d’un nouveau gente. Encore une fois la catégorie photo peut être contestée….L’artiste a développé une technique spécifique pour donner l’impression de vitraux : il perfore une photo imprimée et le fond blanc du cadre donne l’impression de lumière à travers les trous imitant ainsi l’effet vitraux. L’artiste laisse en évidence les confettis issus de la perforation dans le cadre.
Des œuvres surprenantes et originales.

 

Ken

Ken Kitano – Piling Portraits of 32 women in Naira Jessore Bangladesh 2008

Ken Kitano et ses métaportraits . Pour son projet « Our Faces » (traduit en français notre visage est un territoire) l’artiste Ken Kitano a travaillé sur une nouvelle technique inspirée de ses voyages et de ses rencontres.  Pour réaliser un portrait « our faces » , l’artiste superpose  de nombreux négatifs de visages d’autres personnes prises individuellement mais toutes appartenant à la même communauté. Plus il y a de négatifs de visages et plus les contours du portrait final deviennent flou. Chaque assemblage confère ainsi une lumière et un état singulier pour chaque communauté, représenté par un portrait singulier réalisé de mulitples visages. Les photos de Kitano entretiennent le paradoxe de représenter le groupe et sa multiplicité via l’image d’un portrait virtuel.

Ken Kitano – Piling portraits of 39 people floating lanterns in memory of atomic bomb victims August 2006 Hiroshima

Jungjin Lee se distingue également par sa technique originale, dont les photos surprennent par leur aspect non photographique !
Les clichés présentés par la galerie Camera Obscura sont abstraits, des formes flottent sur du papier, et c’est ce papier qui confère au cliché une impression de peinture, de vieilles photos d’archives. On voit dans ce  papier les fibres de la feuilles s’enrouler pour former différentes couches de ce papier fait main. Et c’est toute l’originalité de ce tirage d’être imprimé sur ce papier si singulier.

Jungjin Lee- Things serie - Camera Obscura galery

Jungjin Lee- Things serie – Camera Obscura galery

 

Enfin, un  artiste dont la catégorie photo est indiscutable Michael Wolf. Ses photos sont à mon sens l’expression même de ce que j’aime dans l’art : cette capacité à nous bousculer, à retourner les clichés, à rendre beau / intéressant ce qui est d’ordinairement qualifié de laid, et inversement rendre moche ce qui est censé être beau (pour ça c’est plutôt le domaine de Martin Parr ! ) 4 photos sont exposées : des HLM qui se transforment sous l’œil du photographe en composition géométrique abstraite, colorée.

Michael Wolf

 

J’y ai retrouvé aussi mes chouchoux : Guerressi Maïmouna et ses magnifiques photos rondes, la délicatessse des photos de Joakim Eneroth, Shrin Neeshat et ses photos calligraphiques et l’indétrônable Martin Parr et sa satyre amusée et amusante de notre société.

Une belle édition de Paris Photo qui garantit à la fois bonne visite et belles découvertes !